Le 4 juillet. Jour de l'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique.

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Nos amis américains ont  célébré le 4 juillet,  le 243ème anniversaire de leur déclaration d'Indépendance. Un petit clin d’œil donc le jour de leur fête nationale. Point ici de soucoupes volantes ni de gentils (ou de méchants) aliens.

Le 4 juillet 1776, 56 députés représentants les 13 colonies américaines signent la Déclaration d'Indépendance par laquelle  ces colonies font sécession de la couronne britannique.

Ce fut un événement majeur dans la Guerre d'Indépendance Américaine (1775-1783).

Alors que la Virginie s'était déjà dotée le 12 juin 1776 d'une déclaration des Droits, le Second Congrès continental, composé de délégués des treize colonies réunis à Philadelphie, décide de rédiger une Déclaration d'indépendance.

Le projet est confié à un comité de cinq représentants (le Committee of Five) composé de  John Adams, Roger Sherman, Benjamin Franklin, Robert Livingston et Thomas Jefferson.

Mais c'est bien Thomas Jefferson qui est le principal rédacteur du texte, avec Benjamin Franklin.

Jefferson termine son projet le 21 juin 1776 et le soumet au comité des cinq qui fait quelques modifications.

La déclaration est encore amendée au cours des débats du Congrès : les passages sur la traite et l'esclavage notamment sont supprimés, afin de ne pas mécontenter les régions du Sud.

Le document définitif, écrit sur du parchemin, est approuvé et signé le 4 juillet par 56 délégués réunis à l'Independence Hall.

Ces 56 députés sont : Président du Congrès 1 John Hancock (Massachusetts); New Hampshire - 2 Josiah Bartlett, 3 William Whipple, 4 Matthew Thornton, Massachusetts - 5 Samuel Adams, 6 John Adams, 7 Robert Treat Paine, 8 Elbridge Gerry, Rhode Island - , 9 Stephen Hopkins, 10 William Ellery Connecticut - 11 Roger Sherman, 12 Samuel Huntington, 13 William Williams, 14 Oliver Wolcott, New York - 15 William Floyd, 16 Philipp Livingston, 17 Francis Lewis, 18 Lewis Morris, New Jersey - 19 Richard Stockton, 20 John Witherspoon, 21 Francis Hopkinson, 22 John Hart, 23 Abraham Clark, Pennsylvanie - 24 Robert Morris, 25 Benjamin Rush, 26 Benjamin Franklin, 27 John Morton, 28 George Clymer, 29 James Smith, 30 George Taylor, 31 James Wilson, 32 George Ross, Delaware - 33 Caesar Rodney, 34 George Read, 35 Thomas McKean, Maryland - 36 Samuel Chase, 37 William Paca, 38 Thomas Stone, 39 Charles Carroll de Carrollton, Virginie - 40 George Wythe, 41 Richard Henry Lee, 42 Thomas Jefferson, 43 Benjamin Harrison V, 44 Thomas Nelson junior, 45 Francis Lightfoot Lee, 46 Carter Braxton, Caroline du Nord - 47 William Hooper, 48 Joseph Hewes, 49 John Penn, Caroline du Sud - 50 Edward Rutledge, 51 Thomas Heyward Jr, 52 Thomas Lynch Jr, 53 Arthur Middleton, Géorgie - 54 Button Gwinnett, 55 Lyman Hall, 56 George Walton.

Très inspiré de l'esprit des Lumières françaises la Déclaration d'Indépendance met au centre l'idée de Liberté : Les idées des philosophes des Lumières comme celles de John Locke sont misent en application. Il ne s'agit plus des libertés collectives des époques précédentes, mais de libertés individuelles qui sont proclamées haut et fort. La Déclaration est donc un texte universel, qui pose comme principe : « Tous les Hommes sont créés égaux ». Principe que nous retrouverons bien entendu dans notre Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Beaucoup d'historiens de l'époque et même des historiens contemporains ont vu également derrière cette déclaration la mise en pratique, et en lumière, des idéaux maçonniques.

Certes la plupart des pères de l'Indépendance américaines sont des francs-maçons, à commencer par George Washington lui-même ou Benjamin Franklin.

L'intervention des frères est décisive dans la Guerre d'Indépendance.

A la bataille de Yorktown - qui vit la défaite définitive des anglais - le 19 octobre 1781, pas moins de 11 000 français participent aux combats en plus des 9000 volontaires de Washington.

Ces français sont commandés par le marquis de la Rouërie, le marquis de La Fayette  et le comte de Rochambeau, tous francs-maçons ainsi qu'une grande majorité de leurs officiers.

Mais qu'en est-il de Thomas Jefferson? Son appartenance à la Franc-Maçonnerie a été souvent revendiquée... Il semblerait - selon les dernières recherches - qu'il n'en soit rien. Certes Jefferson était entouré de francs-maçons. Son beau-fils et Gouverneur de Virginie, Thomas M. Randolph, son petit fils favori, Thomas Jefferson Randolph, ainsi que ses neveux Peter et Samuel Carr étaient tous membres de la loge "Door to Virtue" No. 44,  de l'Albemarle County en Virginie.

De nombreux francs-maçons comme Thomas Paine, Voltaire, Lafayette, ou Jean Houdon étaient ses proches correspondants en Europe.

Il admirait également beaucoup de francs-maçons américains George Washington, Benjamin Franklin, Benjamin Rush, John Paul Jones, James Madison, James Monroe, Meriwether Lewis ou William Clark.

Jefferson a parcipé, à la demande du docteur Joseph Guillotin à des réunions informelles de la Loge des Neufs Sœurs à Paris. Il a également participé à une procession maçonnique de la "Widow's Son Lodge" No. 60 et de la "Charlottesville Lodge" No. 90 le 6 octobre 1817. La Grande Loge de Caroline du Sud a prononcé une oraison lors de son enterrement le 4 juillet 1826.

En fin une loge de Virginie à été crée en 1801 sous le nom de "Jefferson Lodge" No. 65. 

Proche des maçons oui, mais il n'a jamais lui-même appartenu à l'Ordre.

Thomas Jefferson a lui-même traduit en français la Déclaration d'Indépendance. Voici son texte :

« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l'opinion de l'humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.

Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit et de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd'hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L'histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l'histoire d'une série d'injustices et d'usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial : Il a refusé sa sanction aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. Il a défendu à ses gouverneurs de consentir à des lois d'une importance immédiate et urgente, à moins que leur mise en vigueur ne fût suspendue jusqu'à l'obtention de sa sanction, et des lois ainsi suspendues, il a absolument négligé d'y donner attention.

Il a refusé de sanctionner d'autres lois pour l'organisation de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n'abandonnât le droit d'être représenté dans la législature, droit inestimable pour un peuple, qui n'est redoutable qu'aux tyrans.

Il a cherché à mettre obstacle à l'accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l'exécution des lois pour la naturalisation des étrangers ; il a refusé d'en rendre d'autres pour encourager leur émigration dans ces contrées, et il a élevé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres. Il a entravé l'administration de la justice en refusant sa sanction à des lois pour l'établissement de pouvoirs judiciaires. Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.

Il a créé une multitude d'emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance. Il a entretenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l'autorité civile et même supérieur à elle. Il s'est coalisé avec d'autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa sanction à des actes de prétendue législation ayant pour objet : de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ; de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu'ils auraient commis sur la personne des habitants de ces provinces ; de détruire notre commerce avec toutes les parties du monde ; de nous imposer des taxes sans notre consentement ; de nous priver dans plusieurs cas du bénéfice de la procédure par jurés ; de nous transporter au-delà des mers pour être jugés à raison de prétendus délits ; d'abolir dans une province voisine le système libéral des lois anglaises, d'y établir un gouvernement arbitraire et de reculer ses limites, afin de faire à la fois de cette province un exemple et un instrument propre à introduire le même gouvernement absolu dans ces Colonies ; de retirer nos chartes, d'abolir nos lois les plus précieuses et d'altérer dans leur essence les formes de nos gouvernements ; de suspendre nos propres législatures et de se déclarer lui-même investi du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques.

Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens. En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l'œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d'une nation civilisée. Il a excité parmi nous l'insurrection domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d'âge, de sexe ni de condition. Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n'ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.

Nous n'avons pas non plus manqué d'égards envers nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons de temps en temps avertis des tentatives faites par leur législature pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelle, et nous les avons conjurés, au nom des liens d'une commune origine, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre notre liaison et nos bons rapports. Eux aussi ont été sourds à la voix de la raison et de la consanguinité. Nous devons donc nous rendre à la nécessité qui commande notre séparation et les regarder, de même que le reste de l'humanité, comme des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix.

En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d'Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l'univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l'autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d'être des États libres et indépendants ; qu'elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l'État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d'une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l'honneur."

 

 

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Jean-Laurent Turbet. 



06/07/2021
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