Gloire au Travail

Gloire au travail.

 

Vaste domaine où tout franc-maçon s’est penché dans son parcours initiatique,

et sur cette formidable méthode que procure la franc-maçonnerie à l’amélioration

de soi et des autres, à travers le travail et sa glorification.

 

Le Dictionnaire Larousse défini le travail comme une activité appliquée à la production, à la création, à l’entretien de quelque chose. Il peut être manuel, intellectuel,  et philosophique.

Pour être considéré comme du travail, il est nécessaire que l’activité procurée ait

été une charge. L’expression « être surchargé de travail » nous le rappelle bien.

 

Le Travail peut être aussi une activité professionnelle rémunérée.

Le Frère second surveillant nous le rappelle à chaque tenue à travers cette réplique :

 

-         Frère Second Surveillant, où les apprentis Francs-maçons reçoivent-ils leur salaire ?

-         A la colonne BOAZ, Vénérable Maître.

 

Le travail intellectuel ou philosophique est indissociable de nos obligations,

au même niveau que notre assiduité. Bien avant d’être initié, lors de nos enquêtes, le franc-maçon met en garde le profane en l’informant qu’il devra travailler énormément et avec une grande ténacité.

 

A l’inverse de notre vie profane où nous faisons ce que nous savons parfaitement faire et ce pour lequel nous avons reçu une formation, le jeune apprenti va commencer par travailler sur ses éventuels points faibles.

Dès les premières tenues, je me suis rendu compte du travail que j’allais devoir fournir pour arriver au niveau des Maîtres présents que j’écoutais en qualité  d’orateur.

 

Le grade de Maître ne nous épargne pas du travail, nous devons nous engager moralement à prendre les plateaux, qui vont nous conduire dans des tâches que nous ne maîtrisons pas toujours. Et encore une fois, notre méthode et notre fraternité, va nous aider à assumer les tâches que procurent ces plateaux.

 

Notre méthode d’apprentissage est assez similaire à celle utilisée dans l’enseignement, nous devons acquérir une maîtrise des outils, assimiler des connaissances sous la direction d’un formateur.

Nos passages dans les degrés supérieurs rappellent sensiblement les examens scolaires.

Le stress de la réussite personnelle lors d’une augmentation de salaire, m’a ramené vingt ans en arrière.

Mais la grande différence par rapport à l’enseignement, c’est le formidable travail sur soi que doit faire l’apprenti. Cette introspection nécessaire à la connaissance de soi, qui est indispensable à sa progression personnelle.

Ce travail se fait en association avec deux outils, le premier est notre rituel qui nous prépare et amène le jeune franc-maçon à descendre dans ses ressentiments, le deuxième est l’aide apportée quotidiennement par son Second Surveillant et tous les Frères de l’atelier.

 

La définition du Dictionnaire, nous rappelle que cette activité appelée

« le travail » doit être appliquée, créative et productive. C’est exactement ce que nous réalisons quand nous rédigeons nos planches, appliquée, car elle sera communiquée à nos frères qui attendent beaucoup de soins de l’Orateur. Créative, car nos frères veulent apprendre de cette planche, puis productive

par la joie et l’égrégor  que celle-ci va apporter à notre atelier.

 

Le travail est considéré comme une charge, doit-on parler d’une charge pour nous francs-maçons ?

Qui avons fait le choix de le faire et tout le plaisir que nous en éprouvons à chaque tenue.

Car nous le témoignons lors de la tenue:

 

-         Frère Premier surveillant, les ouvriers sont-ils contents et satisfaits ?

-         Vénérable Maître, ils le témoignent sur l’une et l’autre Colonne.

 

Le travail par le passé a souvent été associé à une pénibilité, mais malheureusement il a été aussi forcé.

Un ouvrier peut travailler en acceptant sa pénibilité, si son œuvre lui laisse une fierté à la contemplation ou quand celle-ci peut procurer un plaisir partagé.

Néanmoins, les siècles derniers ont été aussi le temps du travail forcé, effectués par des esclaves qui ne choisissaient pas leur destin, être noir ou pas instruit donnait un droit de vie ou de mort à certaines crapules qui n’hésitaient pas à les utiliser pour mieux assouvir leur soif d’argent et de pouvoir.

 

Heureusement les temps ont changé et depuis l’après guerre, une très grande majorité d’hommes et de femmes choisissent leur travail.

Ils ont pu avoir de nombreux moyens mis à leur disposition pour s’initier aux sciences, aux arts, à la culture en général, qui leur permettront de faire ce qu’ils souhaitent.

Cette nouvelle notion de plaisir arrive dans le travail, car nous pouvons enfin faire

ce que nous voulons. Ce plaisir qui me semble indispensable à une parfaite

réalisation d’une œuvre avec le concours des autres.

C’est dans cet état d’esprit que nous pouvons nous dépasser, nous sublimer pour

s’approcher de l’excellence quand une divine grâce à bien voulu se pencher sur

un être en lui donnant un « Don ».

 

La Gloire, gloria en latin, célébrité, prestige, renommée.

L’homme a souvent été attiré par la lumière que pouvait amener la célébrité, la gloire, la reconnaissance.

Mais trop souvent pour en tirer profit personnel, soit financier ou égocentrique.

Ayant été initié, le Franc-maçon peut être aussi attiré par la lumière, il la même reçu lors de son initiation, mais les sages lui ont expliqué très rapidement qu’il devra laisser ses métaux à la porte du temple.

Car dans notre philosophie maçonnique, les valeurs maçonniques, la fierté d’être franc-maçon n’a de valeur que si nous les partageons à tous nos frères lors des tenues, mais aussi en dehors du temple, dans notre vie personnelle.

Le tout dans un but d’améliorer le monde qui nous entoure.

 

Mes premières volontés en rentrant en franc-maçonnerie étaient de mieux me comprendre, m’améliorer, apprendre des méthodologies, acquérir de la connaissance, dans un but simple. Les transmettre,  à mes fils, mes proches,

pour leur donner toutes les chances d’être des hommes et femmes ouverts sur les autres, aimant partager des connaissances.

Je pense que c’est notre devoir de s’assurer que tout franc-maçon en ait bien conscience.

 

Lors de la cérémonie de passage au grade de compagnon, nous exécutons cinq voyages, et j’aimerai partager avec vous tous, mes Frères, les émotions et sentiments ressentis durant la cérémonie.

 

Le premier voyage a été accompagné par notre Frère Expert entre les colonnes, Ciseau et Maillet en main gauche et à l’ordre de compagnon, qui nous a fait vite comprendre que le travail va être aussi de rigueur et qu’il faudra encore souffrir pour évoluer, car cette position est vraiment douloureuse.

Le frère Expert m’ accompagna jusqu’au plateau du Frère Hospitalier  où j’ai pu lire un cartouche avec les cinq Sens:

 

  « VUE, OUIE, TOUCHER ETC ».

 

Le Vénérable Maître, me rappela que le Ciseau et le Maillet sont toujours les outils essentiels pour continuer à travailler sur notre future pierre cubique.

 

Pour le Deuxième Voyage, je suis muni d’un nouvel outil, le Levier accompagné de la règle.

C’est avec ces deux outils que le Frère Expert m’emmena devant le plateau du Trésorier, qui me présenta un nouveau cartouche sur lequel je dois lire des règles d’architecture:

 

      « DORIQUE, IONIQUE, CORINTHIEN, TOSCAN, COMPOSITE »

 

Je ressenti une grande carence de culture générale, Dorique, Ionique et Corinthien, je connaissais un peu, car je retrouve l’architecture de nos petites colonnettes, Toscan va encore, Mais Composite, un style architectural, peut être, connaît pas !.

  

Le Troisième voyage commença,  je pris le Fil à Plomb dans la main gauche et le Niveau dans ma main droite.

Comme pour les deux premiers voyages notre Frère Expert m’emmena au pied

d’un plateau pour lire un cartouche, mais cette fois ci, présenter par notre Frère

Deuxième Surveillant, je puis consulter les mots suivants :

 

                     « GRAMMAIRE, RHETORIQUE, LOGIQUE,

        ARITHMETIQUE, GEOMETRIE, MUSIQUE ET ASTRONOMIE »

 

Je n’allais pas tarder à être vraiment dépassé. Mais Le Vénérable Maître vint à mon secours en m’expliquant que ce voyage symbolisait les sept arts libéraux qui représente l’ensemble des arts et des sciences humaines.

Pour moi, le septième art était le cinéma, imaginez dans quel sentiment de révolte intellectuelle, ce cartouche me plongea, je devais rattraper le temps perdu pour travailler sur la culture et le savoir.

 

Pour le quatrième voyage, l’expert me plaça l’équerre dans la main gauche tout en me mettant à l’ordre d’Apprenti.

Le Vénérable Maître, nous rappela que l’équerre et le symbole de rectitude.

C’est avec elle que nous devons construire notre édifice, sans négliger l’utilisation du niveauet du fil à plomb.

L’expert m’emmena au pied du plateau du 1er Surveillant où j’ai du lire un nouveau cartouche avec des grands noms comme :

 

       MOISE, PYTHAGORE, SOCRATE, JESUS, KOUNG-FOU-TSEU.

 

Le vénérable Maître, nous rappela que tous ces grands Noms ont été de grands initiés qui constituent les maillons de la chaîne symbolique formée par les initiés de tous les temps.

Devant de tels Noms, je pouvais être qu’admiratif à l’écoute de la présentation faite par notre Vénérable Maître qui énuméra ce qu’ils ont pu dire ou faire.

Tous ont travaillé, toute leur vie à l’amélioration de l’homme et au transfert de la connaissance.

Un doux mélange d’humanité et de sciences, qui me rappelle avec subtilité ce que je vis lors de nos tenues.

 

L’Expert, m’accompagna les mains nues devant l’Orient pour le cinquième voyage d’instruction où il retourna un dernier cartouche.

J’ai dû lire:

  « Gloire au Travail »

 

Le Vénérable Maître m’expliqua que le travail est indispensable pour tout franc-maçon et en plus il doit l’exécuter  avec entrain, car son seul but est d’œuvrer à la réalisation de l’ordre Cosmique.

« L’Ordre cosmique » ces mots ne sont pas très clairs pour moi.

Mais Gloire au Travail était limpide, j’ai commencé à travailler à 17 ans ½ et une grande partie de ma vie a été dévouée au travail, et quand le Vénérable Maître me dit que la Franc-maçonnerie est une véritable religion du Travail, je me suis senti très observant, car pour moi le travail est indispensable à mon équilibre personnel.

 

Dans la théologie chrétienne, les écrits définissaient « la gloire » comme une manifestation de la majesté, de la toute puissance et de la sainteté de Dieu.

Nous pourrions très bien imaginer que  l’étoile flamboyante avec un G représente, la première lettre du mot « GLOIRE », mais cela pourrait être aussi GADLU,

Le Grand Architecte de l’Univers, comme peuvent le faire les chrétiens envers DIEU.

Cette lettre G, placée au centre de l’étoile flamboyante, elle a été positionnée à cet endroit précis, pour nous rappeler que le Grand Architecte de l’univers est au centre de sa création.

 

J’imagine aussi que tous les mots lus sur les cartouches, les sens, les styles architecturaux, les arts libéraux et les grands initiés représentent des qualités essentielles du Grand Architecte de l’Univers qui lui ont permis de construire le monde.

 

Les sens  ont été essentiels à la création de l’univers, l’odorat lui a permis de créer les végétaux et les odeurs qu’ils dégagent, l’ouie lui a permis d’imaginer le chant des oiseaux, le toucher

à créer les différentes matières, la vue l’a éclairé sur la voie à prendre, entre le bien et le mal, le goût est essentiel pour bien se nourrir, savoir reconnaître la coupe d’amertume à l’aliment doux.

 

Les styles architecturaux ont été nécessaire à créer un monde harmonieux, basé sur les règles définies et qui pourront être reprises par les plus grands bâtisseurs.

Le nombre d’or que l’on retrouve très fréquemment dans l’architecture végétale et minérale.

 

Les 7 arts libéraux ont été important dans l’évolution de l’homme.

La grammaire a fondé toute l’écriture, la rhétorique a permis aux hommes de débattre en confrontant leurs idées.

La logique a développé de bons sens et l’instinct.

L’Arithmétique, est la science des nombres qui ont permis de chiffrer afin de commercer à travers le monde.

 

Mais comment parler de la gloire au travail, sans évoquer l’étoile flamboyante.

Ce symbole apparu en 1922 dans notre rituel, qui a généré beaucoup de réflexions depuis.

Sans vouloir faire une planche sur l’étoile flamboyante, comment ne pas évoquer l’art du trait, cette incroyable capacité que possédaient nos anciens à dresser des plans avec des outils rudimentaires pour ensuite les élever dans une réalisation en trois dimensions.

 

J’ai aussi un sentiment fort que celle-ci représente notre guide, avec un « Grand G ».

Un guide spirituel qui nous donne envie de poser les outils pour élargir nos cercles de la pensée.

D’abandonner la matière pour la spiritualité, d’aller vers le cosmique.

 

Néanmoins, je dois encore beaucoup évoluer pour cela, laisser mon pragmatisme de côté, délaisser le matériel pour la légèreté philosophie ou spirituelle.

Je suis persuadé que j’y arriverai, pas tout seul, mais avec nos méthodes, nos rituels et bien sur aussi avec vous tous, mes frères.

 

Et je conclurai sur une petite autocritique.

 

Vous m’avez accueilli dans le temple, j’ai fait mon introspection, en constatant, mes qualités, mes défauts et mes faiblesses.

J’ai pris sur moi quand certains me montraient mes faiblesses qui souvent se démontraient par une légèreté et une volonté à minimiser les points de détails,

Qui avec le temps ont pris une importance beaucoup plus significative.

Dorénavant, je fais quotidiennement des efforts pour les atténuer.

Je suis certain, que, je m’en serai peut être jamais rendu compte sans vous et surtout sans mes frères François, Jean Christophe, Jean Paul qui me l’on fait savoir parfois avec certes un peu de fermeté mais toujours avec énormément de fraternité.

  Je profite donc pour vous remercier du fond du cœur.

 

 

Christophe LEV

23 mai 6007



01/11/2007
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