Mon Regard sur la Religion par un Athé F:.M:.

«Un regard sur la religion par un athée franc maçon ».

 

Je découvre, depuis peu, avec satisfaction, les bienfaits (cela aurait pu être le contraire) de la dernière époque de ma vie "la retraite professionnelle ou le 3ème age?"

Le moment est venu où je peux enfin prendre le temps, libéré des turpitudes de la vie professionnelle, du besoin, piètrement alimentaire, de gagner ma vie et celle des autres, le recul nécessaire à la réflexion sur tout, approfondir les raisons des évènements présents ou passés.

Chercher à comprendre le passé, pour mieux comprendre le présent, sans avoir à imaginer l'avenir. Il serait temps, car la vie professionnelle multipliée par la vie familiale, ont accaparé toute ma disponibilité. Je me suis sclérosé pendant 44 ans, à tenter de réussir, à chaque échéance, un sans faute. Le premier échec commis a été immédiatement happé par les rapaces du système, à l'affût, au coin du bois, pour dépecer leurs proies. Ils s'en sont délectés, y compris ceux qui ont suivi.

C'est comme beaucoup d'évènements ou situations de la vie, pour mieux les comprendre, il faut les vivre.

J'en tire toutefois, maintenant, la satisfaction espérée, voire inespérée.

 

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

 

Je goûte maintenant, enfin, au pur plaisir d'être sans parasitage. Aurais je découvert la tranquillité de l'âme, cet état d'âme que rien ne trouble, (l'idéal du sage chez les stoïciens) l'ataraxie ? Je dispose enfin, seul, en égoïste, de temps libre pour la construction intellectuelle délaissée de mon « MOI ».

Toutefois, je me réjouis de vous faire partager ma satisfaction et mon humble vision, de ce sujet ou du sujet que je suis !

 

Ce qui m'a interpellé, pour rédiger cette planche ce sont toutes ces tueries journalières, relatées par tous les médias.

 Pourquoi ces tueries liées à des croyances en un Dieu douteux, irréel, aux conséquences de l'obscurantisme, et du fanatisme.

D'où viennent ces croyances, quand sont elles apparues?

 

En Grèce, aux alentours du 6ème siècle avant Jésus Christ, qu'elles étaient

les pensées des hommes, leur philosophie (l'amour de la sagesse), croyaient ils ? Et à quoi ?

Comment abordaient ils, réglaient ils, les problèmes de l'après, de la finitude, ou du salut ? Comment calmaient ils les angoisses nées du sentiment de notre mortalité ?

Cette mort, comme disaient les Grecs, celle des mortels, la vraie, celle de Platon, la séparation de l'âme et du corps, qu'est elle ?

 

Les uns disent, comme moi, (qui suis dans le camp des athées), que la mort n'est rien, un néant définitif, le plus probable.

Les autres affirment, qu'ils n'y voient qu'un passage, qu'une transition entre deux vies, ou la même continuée, purifiée, libérée…. (Comme l'annonce la plupart des religions et avec elles, des philosophies spiritualistes ou idéalistes).

Ce sont deux façons de la nier : comme néant, puisque le néant n'est rien, ou comme vie, puisque la mort, alors en serait une. Penser la mort, c'est la dissoudre : l'objet, nécessairement, échappe.

 

La mort n'est rien (Epicure), ou bien n'est pas la mort mais une autre vie (Platon).

Epictète, va même jusqu'à réduire toutes les interrogations philosophiques à une seule et même source : la crainte de la mort.

 

L'homme libre ne pense à rien moins qu'à la mort, écrit Spinoza, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie. Comment méditer la vie, sans méditer sa brièveté, sa précarité, sa fragilité ?

 

Dans la mort, les uns voient un salut, qu'ils atteindront peut être, ou encore, l'expression est de Platon, « un beau risque à courir ».

Les autres, dont moi, qui n'en attendent rien que le rien, y voient plus et moins qu'un repos : la disparition de la fatigue.

 

Les croyances, les religions, seraient elles nées de ces interrogations, de cette peur ?

 

En Grèce, la nature de la part démocratique de l'organisation politique de la cité a favorisé la liberté et l'autonomie de pensée.

Dans les assemblées, les citoyens avaient pris l'habitude de discuter, de délibérer, d'argumenter en permanence et en public. C'est certainement cette tradition républicaine qui a favorisé l'apparition d'une pensée libre, affranchie des contraintes liées aux divers cultes religieux.

Les philosophes stoïciens (le nom vient du père fondateur de l'école stoïcienne Zénon de Kition de 334 à 262 avant J.C. qui enseignaient sous des arcades recouvertes de peintures, en grec stoa signifie « portique ») pensaient qu'en connaissant le monde qui nous entoure, en se comprenant soi-même et en comprenant les autres autant que nous le permet notre intelligence, nous allions parvenir, dans la lucidité, à surmonter, par nous-mêmes, nos peurs nées de la finitude, celles de la mort qui empêcherait de bien vivre.

Une doctrine du salut, par soi-même, sans l'aide d'un autre.

 

Pour y parvenir, il fallait contempler l'ordre cosmique qui nous entoure.

Connaissances et valeurs sont intrinsèquement liées, en ce sens, que la découverte de la nature cosmique de l'univers implique d'elle-même la mise en évidence de certaines finalités morales pour l'existence humaine.

 

Les stoïciens nous invitaient à ouvrir les yeux sur le monde, à contempler, en étudiant les sciences particulières, la physique, l'astronomie, la biologie, en observant l'univers tout entier, le mouvement régulier des planètes, la structure du moindre organisme vivant, du minuscule insecte, pour nous montrer que tout est « bien fait » . Il s'agit bel et bien de merveilles dont les êtres humains ne sont en rien les auteurs ni les inventeurs.

L'essence la plus intime du monde est l'harmonie, l'ordre, tout à la fois juste et beau, le cosmos, tel un être organisé et animé, à l'image et à un ordre analogue à celui d'un être vivant.

La structure de l'univers est parfaite, rationnelle, elle est  "divine", elle n'a rien d'un dieu personnel mais se confond avec l'ordre du monde.

 

Ce que les philosophes anciens exprimaient, en affirmant le caractère divin de l'univers tout entier, c'est leur conviction qu'un ordre logique était à l'œuvre derrière le chaos apparent des choses et que la raison humaine pouvait le mettre à jour.

La mort n'est pas à craindre, elle n'est qu'un passage, car l'humain, n'est qu'un atome parmi d'autres, un fragment d'une réalité bien supérieure à lui, un fragment éternel du cosmos.

La mort n'est pas à redouter, elle est le passage d'un état personnel à un état impersonnel, comme une transition entre le statut d'individu conscient et celui de fragment cosmique inconscient.

La philosophie des stoïciens fait la promesse de nous aider à nous sauver, à vaincre les peurs et les inquiétudes, par nous-mêmes, par nos propres forces, par l'usage de notre simple raison.

 

Une citation : Epictète s'adresse à l'un de ses disciples et lui dit : 

"As-tu bien dans l'esprit que le principe de tous les maux pour l'homme, de la bassesse, de la lâcheté, c'est la crainte de la mort ? Exerce toi contre elle ; qu'à cela tendent toutes tes paroles, toutes tes études, toutes tes lectures et tu sauras que c'est le seul moyen pour les hommes de devenir libres".

 

Epicure enseignait que « la mort n'est rien », ni pour les vivants, puisqu'elle n'est pas là tant qu'ils vivent, ni pour les morts, puisqu'ils ne sont plus. Avoir peur de la mort, c'est donc avoir peur de rien. Pourquoi s'inquiéter d'un problème inutile et gâter les plaisirs de l'existence ?

 

Les philosophes grecs pensaient que le passé et le futur sont les deux maux qui pèsent sur la vie humaine, les deux foyers de toutes les angoisses qui vient gâter la seule et unique dimension de l'existence qui vaille d'être vécue, tout simplement parce qu'elle est la seule réelle : celle de l'instant présent. Le passé n'est plus et le futur n'est pas encore ; et pourtant, nous vivons presque toute notre vie entre souvenirs et projets, entre nostalgie et espérance.

 

La doctrine de l'amour de ce qui est au présent, c'est fuir le poids du passé comme les promesses de l'avenir.

La vie bonne est celle qui parvient à vivre l'instant sans référence au passé ni à l'avenir, sans condamnation ni exclusive, dans la légèreté  absolue, dans le sentiment accompli qu'il n'y a plus alors de différence réelle entre le présent et l'éternité.

 

Selon les stoïciens, le sage va pouvoir, grâce à un juste exercice de la pensée et de l'action, (la formule persiste), parvenir à une certaine forme humaine, sinon d'immortalité, du moins d'éternité. La mort ne sera pas pour lui absolue de toute chose, mais plutôt une transformation, un passage dont la perfection globale possède une stabilité absolue, et par là même divine.

 

Pourquoi la sagesse stoïcienne  n'a-t-elle pas suffi à empêcher la naissance du christianisme qui va lui porter un coup fatal, du moins le reléguer au second plan pendant des siècles ?

Il faut bien reconnaître, quel que soit le caractère grandiose des dispositifs élaborés, qu'une faiblesse majeure vient affecter sa réponse à la question du salut, faiblesse qui allait sans aucun doute ouvrir une brèche et laisser place pour d'autres réponses.

 

La doctrine stoïcienne du salut reste anonyme et impersonnelle, elle nous promet bien l'éternité, certes, mais sous une forme fragmentaire et inconsciente du cosmos, au prix de l'éclipse du moi. Elle ne promet pas de retrouver ceux que nous aimons.

 

Or, sur ce point, le christianisme ne va pas lésiner, il va élaborer, en pleine connaissance de cause, une nouvelle doctrine du salut, une morale totalement inédite, si performante et sans équivalent, qu'elle va battre en brèche les philosophies de l'antiquité, il va promettre l'immortalité personnelle et le salut de nos proches pour dominer le monde occidental pendant près de 15 siècles, jusqu'à la renaissance. Il va transformer la croyance de la structure impersonnelle et harmonieuse du cosmos tout entier, le « logos » c'est-à-dire le divin, en l'identifiant à une personne singulière, le Christ.

 

Ainsi, il se trouve qu'un petit juif, bien après la mort des philosophes stoïciens Socrate, Platon, Aristote, Epicure et d'autres s'est mis soudain, dans une lointaine colonie romaine, dans un improbable dialecte sémitique, à dire des choses étonnantes : « Dieu est Amour…Aimez votre prochain…Aimez vos ennemis…. »

 

C'est en effet dans la foi, dans la confiance, que l'alchimie doit s'opérer, par la grâce de Dieu. Ainsi, la doctrine chrétienne du salut va entrer en concurrence avec la philosophie grecque.

Elle va, pour ainsi dire, profiter des failles qui affaiblissent la réponse stoïcienne à la question du salut, pour la subvertir de l'intérieur.

Elle va détourner le vocabulaire philosophique à son profit, lui donner des significations nouvelles, religieuses, et proposer à son tour une réponse inédite, toute neuve, à la question du rapport à la mort et au temps.

Le message qui constitue l'essentiel de la doctrine chrétienne du salut est :

 

L'amour de Dieu est plus fort que la mort ; C'est par l'amour et par la foi que nous pouvons gagner l'immortalité.

 

Face à cette finitude, à cette peur de la mort, les grandes religions monothéistes, sous des formes diverses, nous invitent donc, à ne plus avoir peur puisque nos principales attentes seront comblées et qu'il nous est possible de vivre le présent tel qu'il est…en attendant quand même un avenir meilleur !

Elles se définissent elles mêmes comme des doctrines du salut, par un autre, grâce à Dieu. Elles prétendent qu'il existe un Etre infini et bon qui nous aime par-dessus tout ?

Nous serons sauvés par lui de la désolation, de la solitude, de la mort, de la séparation d'avec des êtres chers qui, même s'ils disparaissent un jour en cette vie, nous attendrons dans une autre. Elles promettent carrément l'immortalité personnelle, la vie éternelle. Pour être sauvé, il suffit de croire aveuglement.

Bonne nouvelle !

 

Pour le théologien dogmatique, la philosophie, celle qui nous apprend à mourir (qui serait vouée à être athée ?) et qui emprunte le chemin contraire, confine au diabolique, elle est l'œuvre du diable, car l'usage de la raison entraîne insensiblement vers le terrain du doute, le premier pas hors de la tutelle divine.

(J'ai ouï dire, dans ma première jeunesse que, réfléchir est le début de la désobéissance).

 

La théologie chrétienne a ainsi développé dans cette optique une réflexion profonde sur les tentations du diable.

C'est celui qui, sur le plan spirituel, fait tout son possible pour nous séparer du lien vertical (tiens ! la perpendiculaire) qui relie les vrais croyants à Dieu, qui les sauve de la désolation et de la mort.

Le diable, ne se contente pas d'opposer les hommes entre eux, en les poussant par exemple à se haïr et à se faire la guerre, mais beaucoup plus grave, il coupe l'homme de Dieu et le livre ainsi à toutes les angoisses que la foi avait réussi à guérir.

Les guerres selon cette théorie, relèveraient, par conséquence, de la responsabilité des non croyants ? Déduction simpliste et facile.

Alors, pendant 15 siècles, et encore maintenant, la terreur a régné, on a tué, on a brûlé, on a torturé, tous ceux qui ne croient pas en Dieu.

Est-ce la démesure du mal ou la médiocrité de l'homme ?

 

"Quelle connerie !…..La guerre" : Prévert.

 

Il n'est pas un seul conflit dans le monde qui ne soit plus ou moins secrètement lié à l'histoire des communautés religieuses : catholiques et protestants en Irlande, musulmans, orthodoxes et catholiques dans les Balkans, animistes, chrétiens et islamistes en Afrique, juifs et islamistes au moyen orient, et d'autres.

 

Toutefois, il n'en reste pas moins, une place pour l'exercice de la raison.

 

L'intelligence rationnelle va s'exercer pour comprendre les grands textes évangéliques, méditer et interpréter le message du Christ, connaître et expliquer la nature qui, en tant qu'œuvre de Dieu, doit bien porter en elle quelque chose, comme la marque de son créateur, clarifier et renforcer une doctrine du salut qui, bien entendu, restera dans son principe religieuse, fondée sur la foi.

La philosophie stoïcienne servira de comparaison pour affirmer le message religieux, parce que toutes les deux visent en dernière instance du salut, la sagesse entendue comme une victoire sur les inquiétudes liées à la finitude humaine.

 

Elles sont totalement opposées, puisque les voies empruntées par l'une et l'autre ne sont pas seulement différentes, mais en vérité, contraires et incompatibles.

La notion de « philosophie chrétienne » est impossible, fondamentalement non philosophique, voire antiphilosophique ; elle est contradictoire puisque la religion est l'exemple même d'une quête du salut non philosophique en ce qu'elle s'effectue par Dieu, par la foi et non pas par soi et par sa raison.

 

Il y aurait bien eu confrontation, voire compétition entre ces deux doctrines du salut, de sorte que la compréhension des motifs pour lesquels la première l'a emporté sur la seconde est au plus haut point éclairante, pour percevoir comment, après la grande période de la domination des idées chrétiennes, elle va pouvoir repartir vers d'autres horizons, suite aux grandes découvertes et à l'apparition des lumières et des nouveaux philosophes, aux alentours du 15ème siècle.

 

1512 Erasme, plan des études, transformation des conceptions pédagogiques.

            1543 Copernic, révolutions des orbites célestes.

1632 Galilée, les rapports de la terre et du soleil.

1644 Descartes, principes de la philosophie.

1687 Newton, et ses bouleversements scientifiques,

Kant, Voltaire, Rousseau, la liste est longue (il y a de quoi lire).

 

Puis, au début du 18ème siècle, quand la pensée religieuse subissant ses propres contraintes idéologiques, son sectarisme réducteur, ses intransigeances dogmatiques secouées par les philosophes du siècle des lumières, ainsi que les grandes découvertes scientifiques, apparaîtra la naissance de la franc  maçonnerie.

 

Je reviens à mon développement :

Dans la traduction française des évangiles, qui racontent la vie de Jésus, le terme « logos », directement emprunté aux stoïciens, est traduit par le mot " verbe ".

Pour les stoïciens, l'idée que le " logos ", le "verbe" puisse désigner autre chose que l'organisation rationnelle, belle et bonne, de l'ensemble de l'univers n'a rigoureusement aucun sens.

 

Prétendre d'un homme quel qu'il soit fût il le Christ qu'il est le « logos », le "verbe incarné ", relève du pur délire : c'est attribuer le caractère de la divinité à un simple humain, alors que le divin ne peut être que quelque chose de grandiose, puisqu'il se confond avec l'ordre cosmique universel.

Les romains, ne manquerons pas, sous Marc Aurèle, le dernier grand penseur stoïcien, mais aussi l'empereur de Rome à la fin du 2ème siècle, une période où le christianisme est encore mal vu dans l'empire, de massacrer les chrétiens en raison de cette insupportable « déviation ».

 

Qu'est ce qui est en cause derrière ce changement apparemment bien innocent du sens d'un simple mot ?

Rien de moins, en vérité, qu'une véritable révolution dans la définition du divin.

 

Jean, l'auteur du 4ème Evangile, opère ce détournement par rapport aux stoïciens.

Voici ce qu'il dit :

 

"Au commencement était le Verbe (logos), et le verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu."

 

Par lui tout a paru, et sans lui rien n'a paru de ce qui a paru (jusque là, tout va presque bien), et les stoïciens peuvent encore être d'accord avec Jean, notamment avec l'idée que le logos et le divin sont une seule et même réalité).

Et le Verbe est devenu chair (là ça se gâte), et il a séjourné parmi nous (rien ne va plus) : le divin est devenu homme, incarné dans Jésus, ce qui n'a aucun sens aux yeux des stoïciens. Du point de vue des sages grecs, le délire est total puisque les disciples du Christ sont présentés comme des témoins de la transformation du logos / Verbe = Dieu, en homme = le Christ, comme si ce dernier était le fils du premier.

Le divin a changé de sens, il n'est plus une structure impersonnelle, (la sagesse du monde) mais au contraire une personne singulière, celle de Jésus, l'homme Dieu.

Désormais, ce n'est plus la raison qui va être la faculté théorique, par excellence, mais la foi.

La religion mettra toutes ses forces à s'opposer à l'ordre rationnel, logique du tout cosmos qui était au cœur de la philosophie, et par là même détrôner la philosophie elle même.

Ce qui va compter, ce n'est plus l'intelligence ni la raison mais la confiance (la foi) faite dans la parole du christ qui prétend être le fils de Dieu, le logos incarné.

Il ne s'agit plus de penser par soi même, mais de faire confiance en un autre.

C'est là, sans doute la différence la plus significative entre philosophie et religion.

 

Toutefois, il y a dans le contenu du christianisme, sur le plan moral, des idées qui, même pour un non croyant, une fois détachées de leurs sources purement religieuses, vont pouvoir être reprises dans la philosophie moderne, par exemple :

 

L'idée que la valeur morale d'un être humain ne dépend pas de ses dons ou de ses talents naturels, mais de l'usage qu'il en fait, de sa liberté et non de sa nature.

C'est une idée que le christianisme va donner à l'humanité toute entière.

Sans cette valorisation de la personne humaine, comme tel, jamais la philosophie des droits de l'homme à laquelle nous sommes si attachés aujourd'hui, n'aurait vu le jour.

1)      Les hommes sont égaux en dignité (la cité grecque reposait sur la conviction qu'il

existait une hiérarchie naturelle des êtres, elle était fondée sur l'esclavage).

Toutefois, n'oublions pas, qu'à l'occasion de la commémoration de l'abolition de l'esclavage, il nous a été rappelé, que l'église chrétienne a toujours été impliquée dans le trafic d'esclaves ; elle s'est montrée, également, absente, silencieuse, au moment des génocides .

2) Sur le plan moral, l'esprit est plus important que la lettre.

3) L'idée moderne d'humanité, est « UNE ». Tous les hommes se valent du point de vue moral.

 

Les religions au travers de leurs disciples s'opposent depuis des siècles, y compris lorsqu'ils se réclament de la même révélation (les catholiques contre les orthodoxes, puis contre les cathares ou les Protestants, les chiites contre les Sunnites etc…). Combien de morts au nom d'un même livre, combien de massacres au nom d'un même Dieu, Pourquoi tant de haine ? Serait ce une preuve de l'ignorance où ils sont tous ? On ne s'entretue pas pour les mathématiques, ni pour aucune science, ni même pour une vérité de fait, lorsqu'elle est bien établie. On ne s'entretue que pour ce qu'on ignore ou qu'on est incapable de prouver.

Les guerres de religions font pour cela un formidable argument contre le dogmatisme religieux.

Ce n'est pas la foi qui pousse aux massacres, c'est le fanatisme qu'il soit religieux ou politique. C'est l'intolérance ; c'est la haine.

Il peut être dangereux de croire en Dieu. Voyez la saint Barthélemy, les croisades, les guerres de religions, le Djihad, les attentats du 11 septembre. Il peut être dangereux de ne pas y croire, voyez Hitler, Staline, Mao Tsé-toung ou Pol Pot, et autres dictateurs encore en fonction.

 

Hélas, l'horreur est innombrable, avec ou sans Dieu

 

La morale et la sensibilité de l'athée que je suis, ne me permettent pas de comprendre. Quoique. Je perçois souvent la manipulation des peuples à des fins mercantiles, au profit d'un tiers ou d'un quart monde privilégié, d'une minorité dominante.

 

Ces croyances, qui aux cours des siècles et encore aujourd'hui, ont permis ou autorisé les hommes d'éliminer ceux qui pensaient et croyaient différemment, avec bonne conscience (ils sont moins seuls ?), ont rendu les hommes craintifs sur leur devenir, permettant ainsi aux meneurs de les influencer, ont permis d'asseoir le pouvoir et l'autorité des hommes au détriment du pouvoir des femmes ?

Rien en ce monde, n'advient sans raison.

 

Mais où sont, dans ces conditions: l'amour d'autrui et l'humanité de l'être, les sentiments, le beau, le juste, la compassion ? Belle arrogance cette humanité ?

Comment concilier l'insupportable répétition de ces massacres et malheurs qui accablent l'humanité, avec l'image d'un Dieu qui serait comme un père avec ses enfants ?

 

L'animal n'est pas libre, il est programmé dès sa naissance ; son instinct est infaillible, commun à son espèce, comme une norme intangible, une sorte de logiciel, il ne peut s'en échapper. Au contraire, l'homme est libre, il a la capacité de modifier son programme d'instinct naturel, il est perfectible, mais toutefois, serions nous tous programmés pour croire en Dieu?

 

L'athée serait il l'exception ? J'en doute.

 

D'où mon interrogation ; moi qui suis, depuis ma naissance, malgré moi; sans croyance religieuse, puisque depuis mon enfance je n'ai jamais fait l'objet de cérémonies ni reçu aucune éducation religieuse ; d'autres au contraire (programmés par autrui, peut être) sont devenus malgré eux, à l'inverse, dans les mêmes conditions, chrétiens, juifs, musulmans, hindous, ou.autres : Je suis athée, je ne sais pas si Dieu existe, mais je sais que je crois qu'il n'existe pas, la religion, je m'en suis passé, fort bien.

L'athéisme est une croyance négative (a-théos, en grec, cela signifie «  sans Dieu »), mais c'est bien une croyance, moins qu'un savoir, donc, mais plus que le simple aveu d'une ignorance ou que le refus prudent ou confortable de se prononcer.

 

Comment l'athée que je suis, a t'il pu ignorer l'existence de Dieu et des religions et

parvenir à vivre sereinement? Qu'ai-je pu ressentir?

 

Adulte, naturellement, je n'ai, ni éprouvé ni imaginé ni recherché une telle éducation, ni l'aide éventuelle, qu'elle aurait pu m'apporter. Pire encore, « peut être, pour certains », je me suis construit une carapace, je suis devenu agnostique, je ne crois rien, tout ce qui est au-delà du donné expérimental, tout ce qui est métaphysique, m'est inconnaissable. Je pourrais chercher à me soigner, si….. ! , mais je ne me sens, ni malade, ni coupable, ni redevable.

De fait, simplement, j'ai adopté, librement, en temps voulu, d'avoir le bonheur comme fin et la vérité comme norme.

 

Au cours de ma vie, je n'ai pas ressenti le problème de l'après vie terrestre, je suis persuadé, voire convaincu que je n'aurai pas d'au-delà, pour moi, la vie de tout être humain, de tout ce qui bat, de tout ce qui constitue notre planète est éphémère, vit, puis, meurt, participe au renouvellement des espèces, tout simplement.

Je suis, la conséquence de l'accouplement d'un homme et d'une femme, sans aucune autre intervention supérieure, ou divine, le hasard de la rencontre du plus rapide spermatozoïde et de l'ovule sur son trajet, (je connais mes parents, pour certains c'est déjà beaucoup). Si je suis vivant aujourd'hui, c'est grâce au savoir et à l'habileté des hommes qui ont su réparer mes accidents et soigner mes maladies.

Ils sont d'autant plus méritants qu'ils n'ont pas été aidés ni soutenus par d'éventuelles proches incantations divines. C'est, mon coté, bassement terre à terre et réaliste.

Je suis athée et content de l'être, d'autres ont la foi et n'en sont pas moins satisfaits.

C'est peut être qu'ils ont besoin d'un Dieu pour se consoler, pour se rassurer, pour échapper à l'absurde et au désespoir ou simplement donner une cohérence à leur vie ?

 

Ma façon de penser, de me comporter, largement inspirée par l'éducation judéo chrétienne latente, c'est sûr, a toujours été celle, bien connue des croyants: « Aide toi, le ciel t'aidera » ; n'attends rien de personne sur cette terre, ni de l'au-delà, seule la croyance en toi-même, ta force intérieure, ta ténacité, ton courage, ta volonté te permettront de surmonter les difficultés de la vie. C'est bien sûr ce qui m'est arrivé, puisque je n'espérais rien d'autre.

J'ai, si je peux me permettre ce paradoxe, eu foi en moi, puisque je ne pouvais me raccrocher à quiconque.

Je n'ai jamais rien demandé ni rien attendu, de ce prétendu possible réconfort, je me suis réfugié dans l'isoloir de ma conscience et toujours cherché en moi-même, les ressources pour surmonter les passages difficiles, aidé, conseillé par mes amis proches, certes, mais seul dans mes décisions, et de fait responsable et coupable de ces décisions. (Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blanc ou noir).

La justice des hommes, n'est que « droit et police », l'essentiel dans tout cela, est d'être en règle avec sa conscience, avec soi-même. Je le suis.

Il n'y a rien d'autre, dans la morale que le sentiment de la dignité ; ainsi, en tant qu'athée, je ne peux être jugé que par moi-même, (contrairement aux croyants, par Dieu).

 

L'assiduité aux tenues, le rituel, les symboles visibles et leurs significations cachées, m'ont donné les moyens de comprendre, silencieusement, le sens de ma vie, réfléchir sur mon passé, le présent et guider ainsi mon devenir ; la franc maçonnerie m'a aidé à vivre mieux.

J'ai appris, à être heureux dans la lucidité, telle est la voie de la sagesse, à vivre seul sans Dieu, sachant que le devenir emporte tout, que rien ne dure éternellement et donc que rien ne mérite qu'on s'y cramponne, qu'on s'y enchaîne, pas même nos rêves.

J'ai compris qu'il n'y a qu'un seul monde, celui-ci, notre monde naturel si impitoyable et si indifférent à nos désirs ; un monde silencieux qui n'a rien à dire et qui n'écoute pas, un monde où tout est hasard et nécessité, qu'il n'y a qu'une seule vie, celle-ci.

J'ai eu la vie pour objet, la raison pour moyen, la vérité comme norme et le bonheur pour but. Je pardonne à Dieu ou au Destin de n'être pas et je vis du mieux que je peux.

 

Nous n'avons aucune preuve réelle de l'existence de Dieu. Personne ne sait, au sens fort et vrai du mot. Aucune science n'y répond, ni n'y répondra jamais, aucune science également ne dit non plus comment vivre, ni comment mourir, (ce n'est pas une raison pour vivre ou mourir n'importe comment). Si Dieu existe, les croyants ne le saurons jamais en cette vie

 

Dans notre école maçonnique de pensée, nous le définissons sous le nom du grand architecte de l'univers, il est le symbole du principe créateur du « tout » qui gravite et vie autour de nous, sans personnalisation. Je ne peux nier mon existence, ni ignorer tout ce qui m'entoure. Je ne peux en donner une signification personnalisée.

Il est le rassembleur de ceux qui recherche la vérité, qui prêche la fraternité, la tolérance, l'amour du prochain, qui refuse la pensée unique. Il est le porteur d'une loi morale universelle, commune à toutes les croyances.

 

Notre école, dans son éducation à la recherche de la compréhension des mystères, est à l'opposition du mysticisme, des croyances religieuses et des travaux purement philosophiques, elle rassemble tous les hommes et femmes, libres et de bonnes mœurs, croyants ou pas, parce qu'elle n'est ni dogmatique ni sectaire, éveille, apporte et explique beaucoup par le travail personnel sur nous-mêmes, la connaissance et la compréh



15/11/2007
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