JESUS CHRIST, UN GRAND INITIE ? (part.2)

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3. Quelques définitions :

Jésus, Messie, Christ, le Chrisme, INRI, Jésus.

Le nom français "Jésus" dérive du nom latin "Iesus", qui est une translittération du nom koinè (langue parlée) grec Ἰησοῦς (Iēsoûs) ; 'Îsâ, Jésus est le deuxième prophète le plus cité après Moïse dans le Coran. Ἰησοῦς (Iēsoûs) traduit à la fois les noms hébraïques : Yehoshua et Yeshoua. Ceux-ci donnent aussi Josué (Nombres, XIII, 8) et Osée (Os, I,1). Ce mot signifie « Jehovah sauve » ou « Jehovah délivre ». Donc nom théophore, comme souvent (Gabriel, Raphaël, etc). Il est le prénom de Barrabas (Bible TOB. Matthieu 27,16-17) qui veut dire fils (bar) du père (abba) en araméen (comme il devait libérer un prisonnier lors de la Pâques, Ponce Pilate demande à la foule « Qui voulez-vous que je vous relâche, Jésus Barabbas ou Jésus nommé le Messie ? »). Jésus est dit de Nazareth (la ville), proche de Nazoréen (juif croyant en Jésus comme Messie) et de Naziréen ou nazir (consacré à la divinité comme Jean le Baptiste, Samuel ou Samson).

Messie

Le Messie (de l'hébreu: ָשִׁחי ַ - mashia'h, araméen meshi'ha ַשִׁאש,) arabe masih حيسملا(, Rasûl, envoyé dans le Coran) désignait initialement dans le judaïsme, l'oint, c'est-à-dire la personne consacrée par le rite de l'onction, réalisée par un prophète de Dieu. Dans la Bible, les rois Saül puis David sont oints par Samuel. Ce rite est à l'origine de ceux du Saint Chrême et de la Sainte Ampoule du sacre des rois de France.

Christ

La lutte se nomme pali en grec, ce qui a donné palestre pour l'installation sportive où cette activité se pratique. Les adversaires combattent nus, le corps enduit d'huile (khristós) afin de donner le moins de prise possible. En grec, le mot " Christ ", dont la racine Χριστός signifie " oint ", traduit le terme hébraïque de mashia'h ; il donne le christus latin.

INRI 

Le sigle I N R I comme l’acronyme IN RI est habituellement compris comme « Jesus nazarenus rex judeorum » (Jésus de Nazareth rois des juifs). La version « Igne Natura Renovatur Integra » "le feu renouvelle tout dans la nature" pourrait être une interprétation alchimique, possible dans certain degré des hauts grades. Dans le rituel de 1880, qui l’introduit, on lit : « ces quatre lettres ne sont point un nom mais l’inscription, sur la croix du Christ et d’après la légende chrétienne elles signifieraient Jesus nazarenus rex judeorum (Jésus de Nazareth rois des juifs). Jésus est adoré comme un Dieu par les chrétiens, il doit être respecté comme un sage pour les philosophes. Sa doctrine, essentiellement humanitaire pourrait se résumer en ces mots, « Aimez-vous les uns les autres ». Il fut crucifié pour sa morale et ses enseignements qui, depuis ont rempli le monde ; cela prouve que la force ne peut rien contre le Droit et la Vérité. »

4. La Bonne Nouvelle de la Fraternité humaine :

« Aimez-vous les uns les autres » dans le V.L.S. (11 occurrences principales)

AT

Lévitique 19, 16

NT évangiles synoptisés (Mathieu, Marc, Luc)

Mathieu 22, 37-40

Matthieu 5:43-48 (aimer même ses ennemis)

Marc 12:28-31

Luc 6:27-35 (aimer même ses ennemis)

Luc 10, 26-28

NT Jean (évangile non synoptisé)

Prologue de Jean

Malgré « Selon le Prologue de Jean, porteur de la tradition ésotérique chrétienne, son précepte suprême est : « aimez-vous les uns les autres », aucune occurrence…

Jean 13:34-35

NT lettres de Jean ;épitres de Paul

1 Lettre Jean 2:9--11 1

1 Lettre Jean 4:7-16

Épître aux Corinthiens 1. 13 1-13 5.

5.Amour de Jésus : mythologie, franc -maçonnerie et politique.

Dans le monde grec, Eros, divinité primordiale dans la "Théogonie" d’Hésiode (VIIIe siècle av. J.-C.), « le plus beau des dieux immortels », représente l’amour et la puissance créatrice, appartient à la première génération divine : issu de Chaos (l’espace préexistant à toute chose) comme Nyx (la nuit) et Erèbe, son frère (l’obscurité) né de Chaos et Nyx.

Dans le monde romain, il est Cupidon, fils de Vénus et Mars, jeune homme ailé bandant son arc, dont les flèches rendent amoureux la cible de son vis à vis ("Cupidon et Psyché" dans "Les métamorphoses", conte d’Apulée au IIe siècle). À partir de la Renaissance, il est figuré tel un ange, un putto.

La philosophie, du grec ancien φιλοσοφία / philosophía (composé de φιλέω / philéô, « aimer », et de σοφία / sophía, « sagesse, savoir »), est littéralement « amour du savoir » et communément « amour de la sagesse ». Dans "Le banquet " de Platon, Diotime, prêtresse de Mantinée, explique à Socrate les mystères de l’Amour: « l'Amour n'est jamais ni absolument opulent ni absolument misérable; de même qu'entre la sagesse et l'ignorance [204a] il reste sur la limite, et voici pourquoi: aucun dieu ne philosophe et ne songe à devenir sage, attendu qu'il l'est déjà; et en général quiconque est sage n'a pas besoin de philosopher. Autant en dirons-nous des ignorants : ils ne sauraient philosopher ni vouloir devenir sages : l'ignorance a précisément l'inconvénient de rendre contents d'euxmêmes des gens qui ne sont cependant ni beaux, ni bons, ni sages; car enfin nul ne désire les choses dont il ne se croit point dépourvu. - Mais, Diotime, lui dis-je, quels sont donc les gens qui font de la philosophie, si ce ne sont ni les sages ni les ignorants ? [204b] — Il est tout simple, même pour un enfant, répondit-elle, que ce sont ceux qui tiennent le milieu entre les uns et les autres, et l'Amour est de ce nombre. [204c] »

Lors de l’Initiation, à la fin du troisième voyage, le Vénérable Maître s’adresse à l’impétrant :

« …N'oubliez jamais ce principe de morale sublime, connu de toutes les Nations : Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qui te fût fait à toi-même. Pénétrez-vous aussi du principe positif qui en découle, énoncé par la Franc-Maçonnerie : Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu'ils te fissent à toi-même. ». Il est en fait des précédents dans le V.L.S. : « Matthieu 7:12. 12 Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c'est la loi et les prophètes. » « Luc 6:31. 31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le [vous aussi] de même pour eux. »

Lors de la Fermeture au 1er degré, le premier surveillant prononce lors de l’extinction de l’étoile du piler « Force »: « que l’amour règne parmi les hommes »

Ces exhortations ont un précédent dès les débuts de la maçonnerie.

Les Constitutions d’Anderson,

1723

1Concernant DIEU et la RELIGION:

« Un MAÇON est obligé par sa Tenure d’obéir à la Loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux. »

1738

1. Concernant DIEU et la RELIGION:

« Un maçon s’oblige à observer la loi morale comme un vrai noachide; et s’il comprend droitement le métier, jamais ne sera stupide athée ni un libertin sans religion, ni n’agira jamais contre sa conscience.»

Le Discours de Ramsay. Andrew Michael Ramsay, dit le Chevalier de, né à Ayr en Ecosse en 1686, mort à Saint Germain en Laye en 1743, est un intellectuel écossais, fils d’un père calviniste (protestant) et d’une mère épiscopalienne (anglicane). Après des études de théologie à Glasgow puis Edimbourg, en proie au doute, il devient un disciple de Fénelon à Cambrai, s’y convertit au catholicisme en 1709. A sa mort en 1715, Ramsay devient secrétaire de Mme Guyon (proche du quiétisme, forme de mystique chrétienne du pur amour de Dieu, voisine de l’hésychasme orthodoxe) à Blois jusqu’à sa mort en 1717. Il gagne Paris, y exerce la fonction de précepteur d’enfants de la noblesse. Au cours d’un séjour en Angleterre il devient membre de la Gentlemen’s Society le 29 mars 1729, est admis à la Royal Society (Académie royale des sciences), reçu docteur honoraire en droit civil à Oxford, et initié à Londres le 16 mars 1730 dans la loge aristocratique " Le Cor " (" Horn Lodge "). Il est refusé à l’Académie Française. Il participe au développement de la maçonnerie de Rite Ecossais en France, son pays d’accueil. En 1726 avait été créée la première loge de Free Masons, à Paris. Progressivement la franc-maçonnerie s’étend en France. A la Saint Jean de 1735 les loges se donnent comme Grand Maître James Hector Mac Leane, Baronnet d’Ecosse, qui adopte les Constitutions d’Anderson et les fait traduire en français. Ramsay prononce, le 26 décembre 1736, en tant qu’Orateur, sans doute de la loge "Saint Thomas (Becket) " n°1, la veille de l’installation du Grand Maître (Derwentwater), un discours de bienvenue aux nouveaux initiés (dit le premier "Discours") connu par un manuscrit d’un recueil de textes maçonniques de la bibliothèque d’Epernay intitulé " Discours de M. le Chevalier de Ramsay, prononcé à la loge de Saint Jean le 26 décembre 1736" .

Extrait du "Discours de Ramsay", différent de celui prononcé en loge en 1736 et découvert dans la bibliothèque d’Epernay ;

ici dans sa version de 1737, discours non prononcé, texte non approuvé par le cardinal de Fleury, chef du gouvernement de Louis XV de 1726 à 1743, imprimé à Rouen en 1738 et inclus parmi les textes fondateurs du REAA par le SCF) : « PREMIÈRE PARTIE DES QUALITÉS REQUISES POUR DEVENIR FRANC-MAÇON ET DES BUTS QUE SE PROPOSE L'ORDRE. La noble ardeur que vous montrez, Messieurs, pour entrer dans le très ancien et très illustre ordre des Francs-maçons, est une preuve certaine que vous possédez déjà toutes les qualités requises pour en devenir les membres. Ces qualités sont la Philanthropie sage, la morale pure, le secret inviolable et le goût des beaux-arts. 1. LA PHILANTHROPIE, OU AMOUR DE L'HUMANITÉ EN GÉNÉRAL Lycurgue, Solon, Numa, et tous les autres législateurs politiques n'ont pu rendre leurs établissements durables; quelques sages qu'aient été leurs lois, elles n'ont pu s'étendre dans tous les pays ni convenir au goût, au génie, aux intérêts de toutes les Nations. La Philanthropie n'était pas leur base. L'amour de la patrie mal entendu et poussé à l'excès, détruisait souvent dans ces Républiques guerrières l'amour de l'humanité en général. Les hommes ne sont pas distingués essentiellement par la différence des langues qu'ils parlent, des habits qu'ils portent, des pays qu'ils occupent, ni des dignités dont ils sont revêtus. Le monde entier n'est qu'une grande république, dont chaque nation est une famille, et chaque particulier un enfant.» (le passage cité est identique dans les deux versions du discours) Le mot Philanthropie est alors inconnu du Dictionnaire de l’Académie… Autres précédents, pendant la révolution française, après la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 qui ne prévoit guère que :

« Art. 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. » Mais, surtout, après la Terreur (5 sept. 1793 – 27 juil. 1794), la constitution du 5 fructidor an III (22 août 1795), est précédée par la déclaration des droits mais aussi, pour la première et dernière fois de l’Histoire de France, d'une "Déclaration des devoirs de l'homme et du citoyen "en 9 articles.

Elle donne en son article 2 : « Tous les devoirs de l’homme et du citoyen dérivent de ces deux principes gravés par la nature dans tous les cœurs : Ne faîtes pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît. Faîtes constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir. »

Enfin, au plan international, "La Déclaration universelle des droits de l'homme" adoptée par l’assemblée générale des 58 états membres de l’ONU le 19 décembre 1948 donne seulement : « Article premier Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

 

Bibliographie -

Les limites de l’interprétation. Umberto ECO, 1992, Grasset 

Libres propos avec les Compagnons. Louis Arnould-Gremilly, <1963 

Origine et Évolution des Rituels des Trois Premiers Degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Ordo ab Chao, N°39-40, 1er et 2ème semestres 1999 

La mémoire et les injures du temps, Marcel Pinon, 2016, édition Noema-Metis 

Discours de Ramsay, version de 1737, discours non prononcé, texte non approuvé par le cardinal de Fleury, imprimé à Rouen en 1738 et inclus parmi les textes fondateurs du REAA par le SCF

Les Grands Initiés. Esquisse de l'histoire secrète des religions. Rama ; Krishna ; Hermès ; Moïse ; Orphée ; Pythagore ; Platon ; Jésus. Philippe Frédéric « Édouard » Schuré, 1889

 

D.J. G:.

22 novembre 2023



27/11/2023
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