Pythagore

 

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Vers 600 avant JC, un courant philosophique apparaît qui sera nommé plus tard présocratique. C’est le passage de la période archaïque à la période classique, c’est le passage du mythos au logos, c'est à dire de la croyance, de l’imagination, du mythe à la raison, à la réflexion et à l’étude. Il s’agit de s’intéresser au fonctionnement de la Nature et de l’Univers, au travers d’une pensée hybride incluant spiritualité et rationalisme à la fois. Ce mouvement en entraînera d’autres et qui verront plus tard l’avènement de la Philosophie (Socrate), l’Histoire (Hérodote) et la Médecine (Hippocrate) ...C’est également une époque foisonnante pour l’humanité qui voit apparaître au même moment le Bouddhisme en Inde, Confucius en Chine et le Zoroastrisme en Perse. 

Pythagore est un des précurseurs de ce courant originel. Il est présenté comme le premier philosophe, c'est à dire un amoureux de la Sagesse. Il aurait vécu entre 580 et 495 avant JC, à Samos, une île du Sud-Est de la mer Egée et aurait passé la première partie de sa vie à voyager dans le monde Grec, en Egypte, au Proche Orient et en Mésopotamie. On rapporte qu’il aurait ainsi eu accès à une très grande partie des connaissances de l’époque, comme l’astronomie, la géométrie et les mathématiques et qu’il aurait, de plus, reçu plusieurs initiations à diverses cultes à mystères, des mystiques ésotériques égyptiennes et orientales.

C’est vers l’âge de 40 ans qu’il revient en Grèce. Il est alors doté d’une érudition remarquable, d’une grande sagesse, et surtout de la volonté de transmettre ce qu’il a appris au travers d’un système de pensée structurant pour l’individu. Il fonde son école à Crotone, tout au sud de l’Italie. 20 ans plus tard, son école sera détruite après un soulèvement populaire. Il se retire à Métaponte, toujours au sud de l’Italie, jusqu’à la fin de sa vie.

De l’exil forcé de ses disciples, naissent plusieurs écoles pythagoriciennes dans le Sud de l’Italie, puis en Grèce et plus tard dans le pourtour méditerranéen avec l’expansion de l’Empire romain. Les écoles pythagoriciennes perdurent pendant près d’un millénaire jusqu’à ce que les chrétiens fassent fermer toutes les écoles de philosophie du monde grec et romain vers l’an 530 après JC, avant d’être redécouvertes au Moyen-Âge et à la Renaissance.

Il n’y a pas d’écrit qui lui sont attribués. Issu d’une tradition orale, il paraît compliqué de distinguer l'enseignement d’origine, des compléments de ses disciples et de son héritage spirituel. L’ensemble est donc décrit comme le mouvement pythagoricien. Les connaissances étudiées dans les écoles pythagoriciennes sont considérées comme ayant pour origine l’enseignement du Maître, même les fameux « Vers dorés » apparus bien après lui sont attribués.

Il organise son école sur deux axes : scientifique et métaphysique. Elles se basent sur un système graduel en quatre étapes : Les Postulants puis les Néophytes, sont mis à l’épreuve pendant plusieurs années. Ils sont observés, éprouvés, afin de comprendre leurs attitudes, leurs intentions, leurs réactions, l’état d’esprit et leur envie d’apprendre.

Après plusieurs années, ils sont admis (ou pas) au grade supérieur, celui d’Acousmaticiens. Ils sont totalement plongés dans le silence pendant 5 ans et ils reçoivent un enseignement uniquement oral, sans démonstration et mise en pratique. Ils écoutent le Maître qui est dissimulé derrière un rideau. Ces trois premiers grades sont appelés les exotériques.

Après avoir suffisamment étudié, préparés à recevoir la lumière et les mystères de l’ordre, ils sont admis au grade de mathématicien. Mathématiques voulant dire alors la connaissance, Ils deviennent des ésotériques. Ils passent de l’autre côté du rideau et accèdent aux mystères cachées.

Les mathématiciens sont ensuite scindés en deux entités, les Vénérables qui s’interrogent sur les questions métaphysiques et les Contemplatifs qui étudient la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie et la musique, un ensemble de matières appelé plus tard le quadrivium dans les arts libéraux. C’est une école de devoirs, tenue au secret et soumise à des règles de vie strictes.

De façon quotidienne, l’examen de conscience participe à l’élévation spirituelle. L’enseignement y est fait de symboles et d’énigmes à déchiffrer. Ils croient en l’immortalité de l’âme, la purification par la connaissance ainsi qu’en la capacité évocatrice du symbole à désigner autre chose que son sens premier.

Notre Univers est ordonné, c’est le fondement des idées pythagoriciennes. L’étude des sciences permet de mieux le comprendre, elles sont régies par des lois et celles-ci se mesurent par des nombres. En allant plus loin et en approfondissant leur rapport à la géométrie et à la symétrie, c’est une philosophie de la Nature à travers la science qui s’est créée. Les chiffres sont des symboles, les figures géométriques et symétriques sont des symboles également et c‘est par leur compréhension que l’on peut imaginer, au plus près, le fonctionnement du Cosmos.

Le nombre d’or est donc enseigné comme une représentation de cette constante universelle, visible dans la nature, donc dans l’homme et qui donne un aspect harmonieux aux créations humaines lorsqu’il est employé. L’Univers est organisé de manière harmonieuse, il doit en être de même pour la vie humaine. La nature de l’homme est semblable à la nature divine puisqu’elle fait partie de son organisation.

L’Orphisme naissant était le culte des pythagoriciens. C’est une réinterprétation des anciens mythes. Il met également en évidence la part de divinité qui doit émerger de l’humain au travers d’une démarche initiatique.

Les pythagoriciens prêtaient serment sur le Tetraktys, tetra et actys soit le quadruple rayonnement. C’est une représentation cosmologique symbolisée par un triangle équilatéral, comme notre Delta Lumineux.

Il est composé de dix points et de quatre lignes. 4 points à la base, puis 3 au-dessus, puis encore 2 et 1 au sommet pour former le triangle.

La somme des 4 lignes est égale à 10 (4+3+2+1).

Le 10 est considéré comme le chiffre parfait, l’aboutissement, la réunion harmonieuse de l’origine le 0 et l’unité le 1.

C’est une représentation pyramidale qui peut être lue du haut vers le bas, la création matérielle issue de l’unité, du divin vers l’humain. Et du bas vers le haut c'est-à -dire le détachement matériel pour l’initié en quête de l’harmonie. De l’humain vers le divin.

Dans une observation plus détaillée, nous pouvons considérer les deux points comme deux énergies universelles complémentaires. Les trois points comme la première forme marquant un plan concret : Le temps, l’espace et la matière pour l’Univers ou le corps, l’âme et l’esprit pour l’individu. Le 4 serait comme la création achevée et ordonnée.

L’initié, avec ses connaissances, prendra le 4 comme base, l’équerre puis cherchera à aller vers le compas en repassant par le 3, le 2 puis le 1 pour arriver à l’initiation ultime, la somme de toutes les connaissances le 10.

C’est une représentation de notre Ordo ab Chaos, il faut réunir ce qui est épars pour tendre vers l’harmonie, la réunion de l’origine et l’unité.

La forme triangulaire du Tetraktys peut être analysée différemment, c’est une pyramide. Observée d’en haut, une pyramide à 5 points, sa base (4 points) et son sommet (1 point). Cela nous ramène donc au degré de Compagnon qui a pour fil d'Ariane le chiffre 5 et le pentagramme, symbole pythagoricien arrivé jusqu’à nous Francs-Maçons.

Le Compagnon n’est plus un apprenti et il n’est pas encore un maître. Le 5 est donc la moitié du chemin. D’autre part, aux proportions dorées, le pentagramme est composé de 3 triangles équilatéraux entrelacés qui vont laisser la place à 5 triangles isocèles.

L’assemblage des 3 triangles va donner une étoile à 5 branches. Son rapport de 5 divisé par 3 est égale à 1.6, le nombre d’or.

Elle est la représentation de l’homme, de la quintessence. Alors pourquoi autant de révélations si nous ne sommes qu’à mi -chemin avec le 5 ?

Dans une deuxième lecture, le pentagramme peut être lu en dix points comme le Tetraktys. Il a cinq sommets extérieurs et cinq points d’intersections intérieurs. Le pentagramme visible renferme un pentagone caché. La somme des angles de la petite figure est supérieure à la somme des angles de la grande figure. Le point commun des deux est que le total des angles a toujours un rapport au chiffre neuf, la gestation, la fécondité, la création.

C’est tout simplement la plus belle représentation de l’expression de la similitude du haut et du bas, ni plus ni moins. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas est ici représenté par les chiffres et une figure géométrique.

Voici donc ce que peut être une illustration de la pensée pythagoricienne. Je ne peux conclure sans rappeler le théorème qui a fait passer Pythagore à la postérité. Le carré de la longueur de l'hypoténuse (le plus grand côté) est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés. Les 3 colonnettes forment un triangle rectangle, la forme du Temple équivaut à deux triangles rectangles assemblés en symétrie opposée.

Le Franc Maçon pourra réunir la Connaissance acquise dans un Temple orienté dans les 4 directions, organisé par 3 vertus en travaillant sur deux colonnes à la gloire du Grand Architecte de l’Univers au sommet, afin de s’élever spirituellement.

Pour terminer, je ferai référence à un passage du manuscrit Cooke (1410), un des textes fondateurs de la maçonnerie opérative:

 

“Toute la sagesse antédiluvienne était écrite sur deux grandes colonnes. Après le déluge de Noé, l’une d’elles fut découverte par Pythagore et l’autre par Hermès le Philosophe (le fondateur légendaire de l’Alchimie), l’un et l’autre se consacrèrent à enseigner les textes qui y étaient gravés.”

 

T:.S:.



29/03/2023
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