La Spiritualité

 

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La spiritualité peut se définir comme la qualité de ce qui est dégagé de toute matérialité.

Il existe plusieurs voies spirituelles religieuses, philosophiques ou même politiques (même si les grandes idéologies politiques transcendantales ont failli à l’épreuve des faits et du temps). En quoi la spiritualité maçonnique est-elle différente ? Elle est différente dans la mesure où elle se veut adogmatique, areligieuse et apolitique. Elle ne repose que sur l’Homme qui cherche la Connaissance. Elle demeure éminemment moderne. Nous avons effectivement fait des progrès sur le plan des connaissances, la science va de plus en plus loin pour expliquer le comment des choses qui nous entoure. Mais la science se cantonne au domaine sensible. C’est la fameuse distinction que fait Kant entre Noumène et Phénomène, entre ce que nous percevons des choses et ce que sont réellement les choses.  La science sait expliquer le comment mais reste inefficace pour expliquer le pourquoi. Pourquoi cet ordonnancement des choses ? Pourquoi sommes-nous là ? Pour quoi faire ? Nous faisons le pari qu’il existe une spiritualité propre à l’homme et qui serait universelle.

 

Or, comme le dit René Char, l’humanité est composée de plus de morts que de vivants. Nous sommes tous des êtres sociaux, nous portons en nous tous ces morts. Nous avons un statut social, une famille, une patrie, une religion, une opinion politique, des habitus de classe … autant d’éléments qui forgent notre personne mais qui sont autant d’obstacles, de freins matériels qui peuvent nous empêcher d’accéder à la spiritualité. La voie spirituelle n’est pas simple. Elle nécessite des efforts alors qu’il est pourtant plus simple de naviguer à vue et de nous laisser porter dans cette vie terrestre. En tant que maçons, nous avons fait un choix différent et le Rite Ecossais Ancien et Accepté vient nous aider à accéder à un autre niveau de conscience, à accéder, peut-être un jour à la Vérité.

Une définition de l’initiation comme rite de passage est le processus par lequel un novice acquiert un statut social ou spirituel plus élevé par l'acquisition de connaissances.

 

Je vous propose donc de parcourir, avec vous, ces connaissances du 1er degré, comme 1ère étape de notre chemin initiatique.

 

La célèbre maxime inscrite au frontispice du temple de Delphes nous donne le programme : « Connais toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux ». Une maxime qui fait écho à celle inscrite dans le cabinet de réflexion : VITRIOL (Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée). Il faut donc visiter son moi profond, celui qui n’est pas sous influence. Ce n’est pas chose aisée et nous devons tous le reconnaître ici dans ce temple. Il est facile de dire qu’il faut laisser ses métaux à la porte du temple mais à quel moment puis-je savoir qu’ils sont vraiment restés à la porte du temple. Et dans la vie de tous les jours, comment puis-je faire la différence entre le moi profond et ces métaux.

L’une des clefs et certainement la méditation. Le silence imposé à l’apprenti serait une invitation à la méditation, le silence du sage, le silence qui permet une entière concentration sur soi pour faire la part des choses. C’est en se concentrant sur sa verticale, celle qui relie le centre de la terre au ciel, que l’on peut espérer y arriver. Je dis bien espérer. Car, nous le savons tous, le silence imposé de l’apprenti est une véritable tempête. C’est en tout cas, comme cela que je l’ai vécu, la planche du conférencier puis les interventions des frères, nos propres réflexions, tout cela grossit les vagues. N’est-ce pas finalement que ce temps de méditation doit se faire en dehors du temple ? Comme il est dit dans notre rituel au moment de la chaine d’union : « bien au-delà des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le franc-maçon, le vaste domaine de la pensée et de l’action ». Ainsi donc, les échanges dans le temple permettraient d’enrichir une réflexion que nous mettrions ensuite à profit par la méditation, entre deux tenues. Je pense ainsi à tous ces frères qui, le soir des tenues, n’arrivent pas à trouver le sommeil, qui réfléchissent en silence chez eux. Plus la tenue est vivante, plus il est difficile de trouver ce sommeil pourtant désiré. Ceci me donne l’occasion d’insister sur la présence en loge et sur la régularité de la présence en loge. Elle est la condition indispensable au travail spirituel. Sans frères qui garnissent les colonnes, pas de salaire. Sans présence de ma part sur les colonnes, pas de salaire non plus. La maçonnerie au REAA est un chemin individuel qui permet de découvrir la Vérité, mais nous ne sommes pas seuls ou alors, dirons-nous plutôt que nous sommes seuls ensemble.

 

Pour conclure, je dirais que l’enjeu pour nous est de retrouver le principe premier, celui que l’on peut identifier comme le GADLU ou même dans le volume de la loi sacrée : Au début était le verbe. Qu’est-ce que ce Verbe ? Qu’est-ce que ce début ? Le fameux pourquoi du début de ma planche. C’est en cherchant qu’un peut-être que nous le trouverons. Mais pour le moment, l’équerre représentant la matérialité est encore sur le compas, symbole de l’esprit. 

 

D:.C:.

le 13 avril 6022



14/04/2022
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